Ataxies cérébelleuses tardives : 330K$ pour les recherches de Martine Tétreault et d’Éric Samarut

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Martine Tétreault et Éric Samarut

Le projet de recherche de Martine Tétreault et d’Éric Samarut, respectivement chercheuse et chercheur au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), fait partie des trois projets lauréats financés par Génome QuébecAtaxie Canada et& Dystrophie musculaire Canada dans le cadre du concours Thérapies innovantes pour les ataxies héréditaires.

Les deux scientifiques du CRCHUM s’intéresseront ici plus particulièrement au syndrome de CANVAS (Cerebellar Ataxia, Neuropathy, Vestibular Areflexia Syndrome), l’une des formes les plus courantes des ataxies cérébelleuses à révélation tardive. Le terme « cérébelleux » désigne tout ce qui a trait au cervelet, une partie du cerveau qui contrôle les mouvements et la coordination. 

La prévalence de cette grande famille de maladies est estimée entre 1 à 3 personnes pour 100 000 personnes.

Selon les dernières données du répertoire européen sur les maladies rares, Orphanet, plus de 25 000 personnes en Europe seraient atteintes d’une maladie faisant partie de la famille des ataxies. 

À ce jour, aucune thérapie n’est disponible.

Pour Éric Samarut, professeur adjoint à l’Université de Montréal, cette prévalence est probablement sous-estimée pour le syndrome de CANVAS, notamment parce que sa cause génétique n’a été identifiée qu’en 2019.

 Le financement de notre projet en provenance d’Ataxie CA est très fédérateur : nous travaillons main dans la main avec la communauté de patients pour faire avancer les connaissances et identifier de nouvelles pistes thérapeutiques. 

Les loupés de la machinerie cellulaire 

La cause génétique de la maladie, une expansion répétée dans le gène RFC1, n’explique pas comment elle provoque des anomalies au niveau du cervelet. 

Ces expansions répétées se produisent lorsque la machinerie cellulaire chargée de copier l’ADN commet des erreurs et ajoute des nucléotides supplémentaires dans un gène.

Martine Tétreault et Éric Samarut, spécialistes de la génomique fonctionnelle de troubles neurologiques et métaboliques rares, avancent deux hypothèses pour expliquer la nocivité de ces expansions : 1. elles perturbent la fonction normale du gène voisin RFC1; 2. elles produisent des molécules toxiques affectant le cervelet. 

Ils mèneront leurs travaux de recherche sur des cellules de patients vivant avec le syndrome de CANVAS à l’aide de technologies de pointe (séquençage, cellules souches pluripotentes induites).

« Les expansions répétées dans le gène RFC1 sont extrêmement difficiles à étudier étant donné leur grande taille et la complexité de leurs séquences. Nos laboratoires disposent d’outils uniques pour relever ce défi et améliorer notre compréhension de cette maladie », indique Martine Tétreault, également professeure adjointe à l’Université de Montréal. 

Retombées potentielles pour la communauté ataxique

Pour tester leurs deux hypothèses, l’équipe scientifique concevra des modèles de poisson-zèbre mimant l’un ou l’autre des scénarios à l’origine de la nocivité des répétitions dans RFC1.

En effet, ce modèle animal, dont les structures cérébrales sont assez proches de celles de l’être humain, permet d’étudier rapidement le développement et les fonctions du système nerveux central. 

Grâce à ce modèle, les connaissances acquises les aideront à comprendre ce qui se passe chez les personnes atteintes par la maladie, avec l’espoir d’identifier des pistes pour y remédier.

« Notre objectif primordial est d’exploiter les connaissances générées dans ce projet pour développer de nouvelles thérapies. Ce projet a le potentiel d’avoir un large impact qui sera applicable non seulement aux patients inscrits dans cette étude, mais à l’ensemble de la communauté ataxique », précise Martine Tétreault.

Appuyée par un investissement total de 850 000 $, l’initiative Thérapies innovantes pour les ataxies héréditaires a pour objectif de stimuler la découverte et le développement de nouvelles thérapies dédiées aux maladies neurologiques rares.

En encourageant la recherche fondamentale et translationnelle, le concours s’inscrit dans la lignée du troisième axe du Plan d’action québécois sur les maladies rares 2023-2027, soit la Promotion de la recherche, de l’innovation et de la collecte de données.

Ataxies cérébelleuses tardives : 330K$ pour les recherches de Martine Tétreault et d’Éric Samarut

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