La force du travail social

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La force du travail social

Par un après-midi ensoleillé d’automne, Michel Robichaud et Marie-France Tessier-Bécotte se posent un moment pour témoigner du chemin parcouru ensemble à la Clinique de médecine des toxicomanies.

Cet article est extrait du CHUMagazine - Les métiers et les professions de l’ombre.
 


L’ultime acte de courage, Michel Robichaud l’a posé il y a deux ans lorsqu’il a mis les pieds à la Clinique de médecine des toxicomanies du CHUM. En ces lieux, il a trouvé de précieux alliés pour affronter son trouble de consommation et les difficultés qui l’accompagnent. Avec de grandes réussites à son actif, il témoigne généreusement de l’aide que lui a apportée sa travailleuse sociale, Marie‑France Tessier‑Bécotte. 

Michel est visiblement fier : « Après avoir vécu sept ans dans la rue, nous avons réussi à me trouver un logement subventionné. » La travailleuse sociale se considère comme chanceuse d’être ainsi témoin des grandes victoires du patient. C’est qu’au moment de leur rencontre, il aurait été difficile d’imaginer tout le chemin qu’il parcourrait. Pour lui comme pour beaucoup d’autres personnes qui ont connu l’itinérance et les problèmes de consommation, le système était envisagé avec beaucoup de méfiance. Mais fort des liens patiemment tissés avec l’équipe de la Clinique de médecine des toxicomanies, Michel avance aujourd’hui à petits et grands pas vers un avenir meilleur. 

« Le déclic ne s’est pas fait d’un seul coup. Mais après quelques rencontres, la confiance s’est établie et de petits miracles se sont mis à arriver. »

Michel Robichaud, patient

Les soins psychosociaux qu’offre Marie-France sont un complément précieux aux soins médicaux et infirmiers que reçoit Michel pour traiter son trouble de l’usage. « Nous abordons ensemble les façons d’éviter la rechute et d’organiser le temps autrement qu’avec la consommation », cite en exemple la professionnelle. « Le tout selon une approche de réduction des méfaits », ajoute-t-elle. L’abstinence à tout prix pour tous, là n’est pas l’objectif. Il s’agit plutôt de s’adapter aux objectifs de chaque personne en limitant les conséquences plus graves de la consommation sur sa santé et son bien-être. À la Clinique de médecine des toxicomanies, c’est à chacune et chacun son rythme. 

Si la réduction des conséquences associées à la consommation représente un important champ d’action de la travailleuse sociale, son rôle ne s’arrête pas là. Comme un trouble de l’usage s’accompagne inévitablement d’autres difficultés, elle agit aussi sur les plans de la situation domiciliaire, de la défense des droits et des dynamiques familiales, par exemple. L’objectif? Aider les patientes et patients à aborder leurs problèmes tant personnels que sociaux pour tenter de retrouver l’équilibre perdu. Depuis deux ans, elle accompagne Michel dans plusieurs démarches, comme l’obtention de l’aide sociale et la recherche d’un emploi. Tous les deux s’entendent : leur meilleur coup, à ce jour, est de lui avoir permis de quitter la rue et d’accéder à un logement stable. Cette réussite est le point culminant d’un long et solide travail d’équipe. 

« Les bons coups ne sont possibles que s’il y a chez la personne un réel désir de changer. L’engagement et la transparence de Michel nous permettent d’avancer. » 

Marie-France Tessier-Bécotte, travailleuse sociale 

Rien n’aurait été possible si Michel n’avait pas puisé dans ses forces intérieures, souligne Marie-France : « Depuis les débuts, il est très vaillant malgré les embûches et transparent avec moi dans les moments plus difficiles. » Questionné sur la plus grande qualité de la professionnelle, Michel souligne sans hésiter un instant son ardeur au travail. « C’est la meilleure, tout simplement! », lance-t-il, reconnaissant. S’il ne connaissait pas le travail social avant sa rencontre avec Marie-France, il en réalise aujourd’hui toute sa force.

 


 

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